Haut-Uele : Le SOS déchirant de la chefferie KEBO, une catastrophe humanitaire oubliée aux portes de Watsa

Alors que les regards sont tournés ailleurs, des milliers de civils vivent l’enfer dans le territoire de Watsa.

Chassés de chez eux par les violences attribuées aux rebelles ADF, ces déplacés s’entassent dans le dénuement le plus total. Sans abris, sans eau et sans nourriture, ils lancent un appel de détresse avant qu’il ne soit trop tard.

​Depuis plusieurs semaines, la quiétude de la chefferie KEBO (Apodo), située dans le territoire de Watsa (Province du Haut-Uele), a volé en éclats. Des incursions répétées de présumés combattants ADF ont plongé la région dans la terreur. Massacres, violences et exactions ont poussé des milliers de familles à abandonner leurs villages dans une fuite désespérée pour sauver leur vie.

​Aujourd’hui, ces déplacés internes se retrouvent regroupés dans plusieurs localités de la chefferie. Mais pour ces hommes, ces femmes et ces enfants, avoir survécu aux attaques n’est que le début d’un autre combat : celui de la survie quotidienne.
​Vivre à la belle étoile : l’urgence humanitaire en chiffres
​Selon un rapport alarmant de la Division Provinciale des Actions Humanitaires et Solidarité Nationale du Haut-Uele, la situation sur place est critique. Les besoins non couverts sont immenses et se concentrent sur quatre axes vitaux :

​Des abris d’urgence : La majorité des ménages dort actuellement à la belle étoile, exposée aux intempéries et à l’insécurité.
​L’accès à l’eau potable : Le manque d’eau saine fait planer le spectre de maladies hydriques dévastatrices.
​La santé et la nutrition : L’assistance alimentaire est inexistante. Sur place, les cas de paludisme, de diarrhée et de malnutrition sévère chez les enfants se multiplient déjà.
​La protection : Les femmes et les enfants, particulièrement vulnérables, vivent dans la peur constante de nouvelles violences.
​Le paradoxe de l’accessibilité : des routes praticables, mais pas de secours
​Si la situation est si dramatique, c’est aussi parce que l’aide peine à arriver. Et le constat dressé par les autorités provinciales est fustigeant : alors que le réseau routier pour accéder à la zone est paradoxalement jugé “bon”, le manque criant de moyens de mobilité et l’absence d’acteurs humanitaires permanents dans la zone bloquent l’acheminement des secours.
​Ajoutez à cela une insécurité persistante, et vous obtenez une zone grise où la détresse humaine s’aggrave heure par heure, loin des caméras.

​Face à ce drame qui se joue à huis clos, la Division Provinciale des Actions Humanitaires ne mâche pas ses mots et lance un appel d’urgence absolu à quatre niveaux :
​Aux autorités congolaises : Pour qu’elles renforcent immédiatement la sécurité et protègent les civils.
​Aux partenaires humanitaires : Pour le déploiement d’une intervention rapide, coordonnée et efficace.
​Aux bailleurs de fonds : Pour mobiliser les ressources financières indispensables à l’achat de vivres et de kits de première nécessité.
​Aux médias : Pour briser le silence et faire la lumière sur cette crise trop longtemps ignorée.

​« La situation humanitaire dans la chefferie KEBO nécessite une attention immédiate afin d’éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur. Chaque jour sans intervention aggrave la souffrance des populations. » a fait savoir Roger Mandingwe Abwau, chef de Division Provinciale des Actions Humanitaires (Haut-Uele).

​Rédaction.

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