Dans la province du Haut-Uele, l’affaire RP 9979 défraie la chronique. Madame Fatou Telalingbi, épouse de l’opérateur économique Eric Madigo Kape, a décidé de briser le silence après trois décennies de vie commune marquées par des violences domestiques répétées. Aujourd’hui gravement blessée et handicapée, elle réclame que justice soit faite face à un mari qui se croit au-dessus des lois grâce à sa fortune.
Mariée depuis plus de 30 ans à Monsieur Eric Madigo Kape, avec qui elle a eu plusieurs enfants (majeurs et mineurs), Madame Fatou Telalingbi a vu son foyer se transformer en un véritable champ de bataille. Celle qui est décrite par son entourage comme une femme pieuse et vertueuse, ayant soutenu son époux dans ses moments les plus difficiles, est devenue, selon ses dires, un « jouet de frappes ».
L’escalade de la violence a atteint son paroxysme récemment à leur domicile de la Raquette, à Isiro. Sans motif valable, Monsieur Madigo Kape s’est acharné sur son épouse avec une brutalité inouïe. Selon des sources concordantes, le bilan médical est lourd : des blessures graves au visage et, plus tragique encore, une fracture sévère de l’avant-bras entraînant une incapacité de travail permanente pour la victime.
Face à cette barbarie qualifiée par certaines personnes qui ont requis l’anonymat, Madame Fatou a saisi le Tribunal de Grande Instance (TGI) d’Isiro par voie de citation directe. Lors de l’audience du 22 novembre 2025, le prévenu a brillé par son absence, affichant un mépris flagrant pour l’institution judiciaire, précise un organe de la loi qui a requis également l’anonymat.
Le Ministère Public, représenté par le Procureur s’est dit « révolté » par cette cruauté. Dans son réquisitoire, il a sollicité :
- Une condamnation de 5 ans de servitude pénale principale ;
- L’arrestation immédiate du prévenu.
Cependant, dans les rues d’Isiro, Eric Madigo Kape ne cache pas sa sérénité. Fort de sa puissance financière en tant que distributeur de carburant, il clamerait haut et fort en lingala :
” Ba sambaka na mutu ya mbongo te. Na kolakisa Fatou que naza patron. Ba biloko nionso wana bazo sala na Tribunal eza ba théâtre… Moto ako kanga nga na mboka oyo aza te. » (On ne juge pas un homme riche. Je montrerai à Fatou que c’est moi le patron. Tout ce qu’ils font au tribunal n’est que du théâtre… Personne ne peut m’arrêter dans cette ville.)
Ces propos, où le prévenu prétend tenir,les magistrats par le biais de ses stations-services, sèment le doute et l’inquiétude. Le dossier étant désormais pris en délibéré, Madame Fatou Telalingbi, démunie financièrement mais forte de sa foi, implore les juges de faire preuve de sagesse et d’intégrité. Elle appelle à ce que le droit prime sur la puissance financière.
Dans un ultime élan d’espoir, la victime lance un cri de détresse aux autorités :
- À S.E. Madame Micheline Ombae, Ministre du Genre, Famille et Enfants ;
- À S.E. Maître Jean Bakomito, Gouverneur du Haut-Uele.
Elle sollicite leur implication personnelle pour que les orientations de S.E. Félix-Antoine Tshisekedi, Président de la République, concernant la lutte contre les violences faites aux femmes, ne restent pas des lettres mortes dans le Haut-Uele.
Rédaction.







